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France

PASS ou LAS : comment choisir sa première année de santé

PASS ou LAS : comprendre les deux voies d'accès aux études de santé après la réforme, et choisir selon le profil de votre enfant plutôt que par défaut.

Photo de Catherine Menay

Catherine Menay

Conseillère d'orientation, Axiom Orientation · Publié le 20 juillet 2026

12 min de lecture

Étudiants en santé révisant ensemble
Sommaire
  1. La réforme de 2020 : ce qui a vraiment changé
  2. PASS et L.AS : deux voies vers la même deuxième année
  3. Le PASS : la santé en majeure
  4. La L.AS : une licence de cœur avec accès santé
  5. Tableau récapitulatif
  6. L’accès en deuxième année et la règle de la seconde chance
  7. Choisir selon le profil, pas selon la peur
  8. 1. Où est le socle le plus solide ?
  9. 2. Quelle est la tolérance au risque de la famille ?
  10. 3. Le plan B est-il réel ?
  11. Les erreurs que je vois le plus souvent en consultation
  12. Le plan B se pense avant, pas après
  13. Une grille de décision
  14. À retenir
  15. Pour aller plus loin

Il y a une question qui revient à chaque printemps dans mon cabinet d’orientation, souvent avec une pointe d’anxiété dans la voix des parents : « Pour médecine, on met PASS ou L.AS ? ». Et neuf fois sur dix, la famille attend de moi que je désigne la « bonne » voie, celle qui maximise les chances. Or ce n’est pas comme cela que fonctionne le choix, et c’est justement ce malentendu qui coûte le plus cher.

Depuis la réforme de 2020, la vieille PACES (première année commune aux études de santé) a disparu, avec elle le fameux concours couperet et le numerus clausus. À la place, deux portes d’entrée, le PASS et la L.AS, et un principe nouveau : on ne rejoue plus sa chance à l’identique. Ce changement, mal compris, transforme la question « quelle voie choisir ? » en une vraie décision de stratégie personnelle, pas en un pari sur la voie la plus réputée.

Dans cet article, je vous propose de poser calmement le paysage : ce qu’est le PASS, ce qu’est la L.AS, comment on accède réellement en deuxième année, la règle de la seconde chance, les erreurs que je vois le plus souvent, et enfin une grille de décision pour trancher selon le profil de votre enfant. L’objectif n’est pas de vous vendre une voie, mais de vous aider à choisir la vôtre, plan B compris.

La réforme de 2020 : ce qui a vraiment changé

Jusqu’en 2020, tout se jouait en une année, la PACES, avec un classement en fin d’année et un nombre de places verrouillé par le numerus clausus. Un étudiant classé juste au-delà de la barre repartait souvent pour une deuxième tentative, avec le stress et le gâchis que cela suppose.

La loi du 24 juillet 2019 a mis fin à ce système. Depuis la rentrée 2020, le numerus clausus est remplacé par le numerus apertus : ce ne sont plus des places fixées nationalement, mais des capacités d’accueil définies chaque année par chaque université, en lien avec l’agence régionale de santé et les besoins de santé du territoire (source : ministère de l’Enseignement supérieur, 2020). Concrètement, le nombre de places peut évoluer, à la hausse, d’une année sur l’autre et d’une université à l’autre. Un an après la réforme (note du SIES, ministère de l’Enseignement supérieur, 2021), le ministère indiquait une hausse d’environ 32 % des néo-bacheliers admis en deuxième année de santé ; ce chiffre est à réactualiser chaque année sur les sources officielles.

L’accès concerne quatre filières, réunies sous l’acronyme MMOP : médecine, maïeutique (sage-femme), odontologie (dentaire) et pharmacie. La kinésithérapie est également accessible par ces voies dans de nombreuses universités. Le point à retenir : il n’y a plus une seule porte, mais deux, le PASS et la L.AS, qui mènent au même palier de deuxième année.

Un mot d’honnêteté, parce que je le dis à toutes les familles que j’accompagne : une nouvelle réforme est en préparation. À l’issue d’une concertation lancée fin 2025, le ministère a annoncé en 2026 une première année d’accès à la santé unique et simplifiée, prévue pour la rentrée 2027 (source : ministère de l’Enseignement supérieur, 2026). Les grands principes (progression, diversité des profils, seconde chance) seront maintenus, mais l’organisation en PASS et L.AS va évoluer. Pour un élève qui entre en première année en 2026, le cadre décrit ici reste celui de Parcoursup ; il faut simplement suivre les annonces officielles pour les rentrées suivantes.

PASS et L.AS : deux voies vers la même deuxième année

C’est le cœur du sujet, et la source de la plupart des confusions. Les deux voies ne se distinguent pas par leur niveau de difficulté mais par ce qu’on place au premier plan.

Le PASS : la santé en majeure

Le PASS (parcours d’accès spécifique santé) est une première année dont la majeure porte sur les enseignements de santé, complétée par une mineure dans une autre discipline (droit, biologie, sciences, économie, selon les universités). C’est la voie la plus proche de l’ancienne PACES dans l’esprit : on met la santé au centre dès septembre, avec un volume de travail scientifique dense.

Le PASS convient à l’élève qui a un socle scientifique solide, qui assume de consacrer l’essentiel de son énergie à la santé, et qui choisit sa mineure avec soin, parce que cette mineure deviendra son point d’appui en cas d’échec. Je pense à un profil que je croise souvent : un élève très à l’aise en sciences, organisé, qui sait déjà que la santé est son projet principal.

La L.AS : une licence de cœur avec accès santé

La L.AS (licence avec option « accès santé ») est une licence classique dans la discipline de votre choix, droit, biologie, STAPS, psychologie, chimie, à laquelle on ajoute une option ou mineure accès santé. Ici, la discipline de licence est au premier plan, et la santé s’ajoute par-dessus.

La L.AS convient à l’élève qui a une vraie discipline de cœur, dans laquelle il se voit poursuivre si la santé ne se concrétise pas. C’est le point décisif : la licence n’est pas un lot de consolation, c’est un projet en soi. Choisir une L.AS de droit sans aimer le droit, uniquement pour « viser médecine par une porte plus facile », est une des erreurs les plus douloureuses que je rencontre.

Tableau récapitulatif

PASSL.AS
Ce qui est au premier planLa santé (majeure)Votre discipline de licence
La santé y estLa majeureUne mineure ou option ajoutée
Profil adaptéSocle scientifique solide, santé comme projet principalVraie discipline de cœur à faire vivre en parallèle
En cas d’échecPoursuite via la mineure, pas de redoublement du PASSRedoublement de la licence possible, seconde chance décalée
Le plan B estLa mineure choisieLa licence elle-même
Charge de travail santéTrès dense dès le débutRépartie, la licence occupe une large part

L’accès en deuxième année et la règle de la seconde chance

Voici le mécanisme le plus important à comprendre, et celui que les familles saisissent rarement du premier coup.

À la fin de la première année (PASS ou L.AS), l’étudiant qui a validé ses crédits et qui est bien classé peut être admis directement en deuxième année d’une filière MMOP, parfois après des épreuves complémentaires, souvent orales, selon l’organisation de son université. Les modalités varient d’un établissement à l’autre : c’est pourquoi il faut lire attentivement les attendus et le fonctionnement de chaque formation avant de formuler ses vœux.

La règle d’or, celle qui change toute la stratégie : on ne redouble pas la première année de santé à l’identique. Un étudiant en PASS qui ne valide pas son année ne peut pas la recommencer et doit se réorienter (source : Parcoursup et ministère de l’Enseignement supérieur). Un étudiant qui valide son PASS mais n’est pas admis en filière de santé poursuit en deuxième année de la licence correspondant à sa mineure, et pourra recandidater plus tard aux études de santé.

En L.AS, le principe est le même dans l’esprit : on peut poursuivre et redoubler l’année de licence, mais la seconde chance santé est décalée, elle se joue après avoir validé une année de licence supplémentaire (L.AS 2, puis éventuellement L.AS 3). Autrement dit, personne ne rejoue deux fois de suite la même chance santé la même année. C’est un système en « marche en avant ».

Ce mécanisme a une conséquence pratique énorme : le choix de la mineure du PASS, ou de la discipline de la L.AS, n’est pas un détail administratif, c’est votre plan B réel. Il faut le choisir comme un projet qu’on serait heureux de poursuivre, pas comme une case à cocher.

Choisir selon le profil, pas selon la peur

Quand une famille me demande « lequel maximise les chances de médecine ? », je réponds toujours que la question est mal posée. Aucune des deux voies n’est objectivement supérieure : les capacités d’accueil se répartissent entre PASS et L.AS, et le bon choix dépend de l’élève, pas d’une hiérarchie imaginaire.

Voici les trois questions que je pose systématiquement en consultation.

1. Où est le socle le plus solide ?

Si l’élève a un profil scientifique très affirmé et que la santé est clairement son projet dominant, le PASS met ce socle au service de l’objectif. Si l’élève a un point fort marqué dans une autre discipline (le droit, la biologie, l’activité physique, la psychologie), une L.AS dans cette discipline valorise sa force réelle. Le choix des spécialités de première et de terminale pèse ici, et il se prépare bien en amont : c’est un sujet que j’aborde longuement dans mon article sur l’impact des spécialités du lycée sur l’orientation.

2. Quelle est la tolérance au risque de la famille ?

La première année de santé reste exigeante, quelle que soit la voie. Une L.AS répartit un peu la charge et adosse l’année à une licence complète, ce qui rassure certaines familles. Le PASS concentre l’effort sur la santé, ce qui va bien à un élève qui préfère un objectif unique et clair. Il n’y a pas de bonne réponse universelle, il y a une réponse qui correspond au tempérament de votre enfant.

3. Le plan B est-il réel ?

C’est ma question préférée, parce qu’elle révèle tout. Si l’élève serait sincèrement content de poursuivre en licence de biologie ou de droit au cas où la santé ne se ferait pas, alors la L.AS correspondante est un choix sain. Si l’idée de poursuivre dans la mineure ou la licence le déprime, c’est un signal : le plan B n’est pas réel, et il faut retravailler le projet avant de figer les vœux.

Les erreurs que je vois le plus souvent en consultation

Au fil des accompagnements, quelques erreurs reviennent avec une régularité frappante. Les nommer, c’est déjà les éviter.

  • Choisir la L.AS par défaut, sans s’intéresser à la discipline. Une L.AS dans une matière qu’on n’aime pas est une double peine : l’année est difficile, et le plan B est invivable.
  • Croire qu’une voie est plus facile. Ni le PASS ni la L.AS n’est un raccourci. Le travail est intense dans les deux cas, et aucune ne garantit une place.
  • Sous-estimer la charge de travail. La première année de santé demande une organisation quasi professionnelle. Un élève brillant mais peu méthodique peut décrocher : la méthode compte autant que le niveau.
  • Formuler un seul vœu santé. La stratégie Parcoursup doit inclure des vœux santé variés (plusieurs universités, plusieurs voies) et de vrais vœux hors santé. Je détaille cette logique dans mon article sur la stratégie de vœux Parcoursup.
  • Ne penser au plan B qu’en juin. Attendre les résultats pour se demander « et si ça ne marche pas » ajoute une angoisse évitable. Le plan B se construit avant, pas après.

Le plan B se pense avant, pas après

C’est peut-être le message le plus important de cet article, et celui qui distingue un accompagnement humain d’une simple définition de sigles. La première année de santé est sélective : une part significative des candidats ne sera pas admise en deuxième année dès la première tentative. Ce n’est ni un drame ni un échec personnel, à condition d’y avoir pensé en amont.

Un bon plan B peut prendre plusieurs formes. La poursuite dans la licence de la L.AS ou dans la mineure du PASS, quand elle correspond à un vrai intérêt. Une réorientation vers une autre filière du soin (kinésithérapie, sciences infirmières, écoles paramédicales), souvent accessibles par des voies proches. Ou encore une candidature à l’étranger, en particulier en Belgique francophone, dont la proximité linguistique et géographique en fait une option cohérente pour de nombreuses familles. J’en détaille les modalités dans notre fiche pays Belgique.

Ce qui compte, c’est que ce plan B existe avant les résultats, écrit noir sur blanc, discuté en famille. Quand j’accompagne un élève, je consacre autant de temps au plan B qu’au vœu principal. C’est ce qui transforme une décision anxiogène en une décision sereine.

Une grille de décision

Pour trancher, je propose souvent à mes familles de répondre honnêtement à ces questions. Elles ne donnent pas un verdict automatique, mais elles éclairent la bonne voie.

QuestionPlutôt PASSPlutôt L.AS
Mon socle le plus fort est…Scientifique et tourné santéDans une autre discipline précise
La santé dans mon projet est…Le projet dominant et uniqueLe projet principal, mais pas exclusif
Si la santé ne se fait pas, poursuivre dans la mineure ou la licence me…conviendrait, mais ce n’est pas mon cœurplairait sincèrement
Je préfère un objectif…unique et concentréadossé à une licence complète
Ma mineure ou ma licence, je la choisis parce que…elle sécurise mon parcoursje l’aime pour elle-même

Si vos réponses penchent majoritairement à gauche, le PASS est probablement le bon cadre. Si elles penchent à droite, une L.AS dans la discipline qui vous tient à cœur sera plus solide, et surtout plus vivable. Et si l’élève hésite encore entre sciences et une autre voie, c’est le signe qu’il faut d’abord clarifier le projet lui-même, un travail que j’aborde dans l’article sciences ou humanités.

À retenir

  • La réforme de 2020 a supprimé la PACES et le numerus clausus, remplacés par deux voies (PASS et L.AS) et le numerus apertus, des capacités d’accueil fixées chaque année par université.
  • Le PASS met la santé en majeure, la L.AS met votre discipline de cœur au premier plan avec la santé en option : on choisit selon le profil, pas selon un prestige supposé.
  • On ne redouble pas la première année de santé à l’identique : la seconde chance passe par la poursuite en licence, ce qui rend la mineure ou la licence choisie décisive dès Parcoursup.
  • Le plan B se pense avant les résultats, pas après : poursuite en licence, filière paramédicale, ou candidature à l’étranger comme la Belgique.
  • L’erreur la plus fréquente est la L.AS par défaut, choisie sans aimer sa discipline : un plan B invivable est un mauvais plan B.
  • Une réforme d’une première année unique et simplifiée est annoncée au plus tard pour 2027 : suivez les sources officielles pour les rentrées à venir.

Pour aller plus loin


Article rédigé par Catherine Menay, conseillère d’orientation. Catherine accompagne en cabinet d’orientation des familles et des lycéens dans la construction de leur projet d’études, en particulier sur les parcours sélectifs comme les études de santé.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre le PASS et la L.AS ?
Le PASS est une première année dont la majeure porte sur les enseignements de santé, complétée par une mineure dans une autre discipline. La L.AS est une licence classique (droit, biologie, STAPS, psychologie, etc.) dans laquelle on ajoute une option ou mineure accès santé. Les deux permettent de candidater aux études de médecine, maïeutique, odontologie et pharmacie, mais le PASS met la santé au premier plan quand la L.AS met votre discipline de cœur au premier plan.
Peut-on redoubler une première année de santé en cas d'échec ?
Non, pas à l'identique. Un étudiant qui ne valide pas son année de PASS ne peut pas la recommencer et doit se réorienter. En L.AS, on peut redoubler l'année de licence, mais on ne repasse pas la même chance santé deux fois de suite. Le principe est celui d'une seconde chance décalée : on valide une année de licence supplémentaire, puis on recandidate aux filières de santé. C'est pour cela que le choix de la mineure ou de la licence, qui devient le vrai plan B, doit être réfléchi dès Parcoursup.
Le numerus clausus existe-t-il encore ?
Non. La loi du 24 juillet 2019 a supprimé le numerus clausus depuis la rentrée 2020 et l'a remplacé par le numerus apertus. Ce ne sont plus des places fixées au niveau national mais des capacités d'accueil déterminées chaque année par chaque université, en concertation avec l'agence régionale de santé, en fonction des besoins de santé du territoire. Le nombre d'étudiants admis en deuxième année a augmenté avec cette réforme.
Faut-il choisir le PASS parce que c'est la voie royale vers médecine ?
Non, cette idée est une source d'erreurs. Ni le PASS ni la L.AS ne garantit une place, et aucune des deux n'est objectivement supérieure. Le bon choix dépend de votre profil, de votre tolérance au risque et de la solidité de votre plan B. Choisir une L.AS dans une discipline qui ne vous intéresse pas, juste pour cocher la case santé, est une des erreurs les plus fréquentes que je rencontre en consultation.
Que faire si aucune voie de santé française ne se concrétise ?
Il faut préparer un vrai plan B avant les résultats, pas après. Cela peut être une poursuite dans la licence de la L.AS, une réorientation vers une autre filière de soin (kinésithérapie, sciences infirmières, école paramédicale) ou une candidature à l'étranger, notamment en Belgique francophone, dont le système et la langue sont proches. Anticiper ce plan B enlève une part immense de l'angoisse familiale.

Pour aller plus loin

Crédits photo : George Pak · Pexels · source