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France

Réforme des études de santé : comprendre PASS et LAS

La réforme des études de santé a remplacé la PACES par PASS et L.AS. Voici le parcours complet, de la première année à l'internat, expliqué simplement.

Équipe Axiom Orientation

Rédaction collective · Publié le 20 juillet 2026

8 min de lecture

Étudiants en médecine en formation à l'hôpital
Sommaire
  1. De la PACES au numerus apertus : ce que la réforme de 2020 a changé
  2. PASS ou L.AS : deux portes vers les mêmes filières
  3. Les filières MMOP : à quoi mène la première année
  4. Après la première année : le parcours jusqu’à l’internat
  5. La fin du numerus apertus, puis la réforme de 2027
  6. Le parcours de santé en un tableau récapitulatif
  7. À retenir
  8. Pour aller plus loin

Depuis 2020, l’entrée dans les études de santé ne passe plus par la fameuse PACES et son concours couperet de fin de première année. La réforme des études de santé a rebattu les cartes : deux voies d’accès (le PASS et la L.AS), de nouvelles filières regroupées sous le sigle MMOP, et la fin du numerus clausus. Pour les familles qui ont connu l’ancien système, ou qui en ont entendu parler par des aînés, le vocabulaire a changé et les repères aussi.

Cet article est le point de cadrage du parcours de santé. Il ne traite pas du choix entre PASS et L.AS, sujet abordé en détail ailleurs dans le guide, mais de la logique d’ensemble : d’où vient la réforme, comment on entre en santé aujourd’hui, à quoi mène la première année, et ce qui se passe ensuite, jusqu’à l’internat. Il signale aussi la réforme suivante, annoncée pour la rentrée 2027, qui vise à simplifier encore l’accès.

L’objectif est simple : donner une carte lisible d’un système qui a beaucoup bougé en quelques années, et renvoyer vers les sources officielles pour les chiffres qui changent chaque rentrée.

De la PACES au numerus apertus : ce que la réforme de 2020 a changé

Jusqu’en 2020, presque tous les futurs professionnels de santé passaient par la PACES, la Première Année Commune aux Études de Santé. Une seule porte, un concours en fin d’année, et un nombre de places strictement plafonné par le numerus clausus, un quota national fixé filière par filière. Le redoublement était fréquent, la pression maximale, et l’échec renvoyait souvent les étudiants sans passerelle claire vers d’autres études.

La loi de 2019 relative à l’organisation et à la transformation du système de santé a mis fin à ce modèle à la rentrée 2020. Trois changements majeurs sont à retenir :

  • La PACES disparaît au profit de deux voies d’accès distinctes, le PASS et la L.AS.
  • Le numerus clausus est supprimé et remplacé par le numerus apertus : ce ne sont plus des quotas nationaux figés, mais des capacités d’accueil fixées par chaque université en lien avec son agence régionale de santé, dans un cadre pluriannuel.
  • Le concours unique laisse place à une sélection en fin de première année, combinant résultats aux examens et, souvent, épreuves orales pour une partie des candidats.

L’esprit de la réforme était double : diversifier les profils qui entrent en santé (pas uniquement les meilleurs en sciences pures) et offrir une vraie porte de sortie à ceux qui ne sont pas admis, grâce à une année validante.

PASS ou L.AS : deux portes vers les mêmes filières

Depuis 2020, deux parcours cohabitent pour accéder aux études de santé, et ils débouchent sur les mêmes filières.

Le PASS (Parcours d’Accès Spécifique Santé) est une première année principalement consacrée aux enseignements de santé, assortie d’une option dans une autre discipline (droit, biologie, économie, mathématiques, etc.). C’est le parcours le plus proche, dans l’esprit, de l’ancienne PACES.

La L.AS (Licence avec option Accès Santé) est une licence classique dans une discipline choisie (droit, sciences, STAPS, économie…) qui intègre une option santé. L’étudiant y suit d’abord sa licence, avec une coloration santé qui lui permet de candidater aux filières médicales.

Dans les deux cas, réussir sa première année et la sélection ouvre l’accès aux mêmes études. La différence tient à l’équilibre entre santé et discipline secondaire, et donc à ce qu’il reste comme filet de sécurité si l’admission en santé n’est pas obtenue. Ce choix mérite une réflexion à part entière : il est détaillé dans notre article dédié, PASS ou L.AS : comment choisir.

Un point de vigilance en amont : les enseignements de spécialité choisis au lycée pèsent réellement dans ces parcours scientifiques exigeants. Le sujet est traité dans notre article sur le choix des spécialités en première et son impact sur l’orientation.

Les filières MMOP : à quoi mène la première année

Réussir le PASS ou une L.AS ne donne pas accès à « médecine » au sens large, mais à l’une des filières regroupées sous le sigle MMOP :

  • Médecine
  • Maïeutique (le métier de sage-femme)
  • Odontologie (la chirurgie dentaire)
  • Pharmacie

La kinésithérapie (masso-kinésithérapie) est elle aussi accessible via le PASS ou une L.AS, ce qui explique l’acronyme parfois élargi en MMOPK. Selon les universités, d’autres filières paramédicales peuvent également s’appuyer sur ces parcours.

Concrètement, à la fin de la première année, l’étudiant candidate à la ou aux filières de son choix. L’admission dépend de son rang de classement, de la filière visée et des capacités d’accueil de l’université. C’est à ce moment que se joue le passage en deuxième année d’études de santé.

Après la première année : le parcours jusqu’à l’internat

L’admission en filière MMOP marque le début d’un cursus long, structuré en cycles. En médecine, l’architecture est la suivante :

  • Premier cycle : la première année d’accès (PASS ou L.AS) puis les deux années suivantes, consacrées aux fondamentaux scientifiques et médicaux.
  • Deuxième cycle : les années dites d’externat, où l’étudiant alterne cours et stages hospitaliers et prend une part active dans les services.
  • Troisième cycle : l’internat, choisi par spécialité, qui conduit au diplôme d’études spécialisées (DES) et au titre de docteur en médecine.

L’accès à l’internat se joue en fin de deuxième cycle sur des épreuves nationales. Depuis la réforme du deuxième cycle, ces épreuves ont évolué : les épreuves dématérialisées nationales (EDN) et les examens cliniques objectifs structurés (ECOS) sont désormais combinés à la valorisation du parcours de l’étudiant pour établir le classement qui détermine le choix de la spécialité et de la ville.

Les autres filières suivent leur propre logique de cycles et de durée : la pharmacie, l’odontologie et la maïeutique ont des cursus spécifiques, plus courts que la médecine pour certaines spécialités, avec leurs propres modalités d’accès aux spécialisations. Le principe commun reste le même : une première année sélective, puis un cursus professionnalisant de plusieurs années.

La fin du numerus apertus, puis la réforme de 2027

Le système issu de 2020 continue d’évoluer sur deux fronts qu’il ne faut pas confondre.

Le nombre de places. Le numerus apertus a été critiqué pour être resté, dans les faits, proche d’un quota. Une loi de juin 2025 visant à améliorer l’accès aux soins y a mis fin, avec l’objectif d’augmenter progressivement le nombre d’étudiants admis en fonction des capacités réelles de formation des facultés, fixées avec les agences régionales de santé. La sélection ne disparaît pas pour autant : elle change de cadre, sans supprimer l’exigence de la première année.

La structure de la première année. À la suite d’une concertation nationale, le gouvernement a annoncé le remplacement du système PASS/L.AS par une voie d’accès unique à partir de la rentrée 2027, afin de simplifier des parcours jugés illisibles, notamment sur Parcoursup. La nouvelle première année serait organisée en blocs (un bloc santé, un bloc disciplinaire et un bloc transversal), avec la possibilité de candidater à plusieurs moments du cursus.

Deux précautions s’imposent. D’abord, les étudiants qui entrent dans le supérieur avant cette échéance restent concernés par le système PASS/L.AS actuel. Ensuite, les modalités précises de cette réforme peuvent encore bouger : il est indispensable de vérifier chaque année les informations sur les sites officiels avant de construire une stratégie.

Le parcours de santé en un tableau récapitulatif

Avant 2020Depuis 2020Annoncé pour 2027
Première annéePACES (voie unique)PASS ou L.ASVoie d’accès unique nationale
SélectionConcours de fin d’annéeExamens + oraux, classementModalités en cours de définition
Régulation des placesNumerus clausus (quota national)Numerus apertus, puis suppression (loi 2025)Capacités fixées par les facultés
Filières viséesMédecine, pharmacie, odontologie, maïeutiqueMMOP (+ kinésithérapie)MMOP et kinésithérapie
Porte de sortie si échecFaible, redoublement fréquentAnnée validante, réorientation facilitéeObjectif de parcours plus lisible

À retenir

  • La réforme de 2020 a supprimé la PACES et le numerus clausus : l’entrée en santé se fait désormais par le PASS ou par une L.AS, avec une sélection en fin de première année plutôt qu’un concours unique.
  • PASS et L.AS mènent aux mêmes filières MMOP (médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie), la kinésithérapie étant également accessible.
  • Le numerus apertus a remplacé le numerus clausus, puis a été supprimé par une loi de juin 2025 pour augmenter progressivement le nombre de places, sans faire disparaître la sélection.
  • Le cursus se poursuit sur plusieurs cycles, l’accès à l’internat en médecine se jouant sur des épreuves nationales en fin de deuxième cycle.
  • Une voie d’accès unique est annoncée pour la rentrée 2027 : les modalités pouvant évoluer, la vérification annuelle sur les sources officielles est indispensable.

Pour aller plus loin


Article rédigé par l’équipe Axiom Orientation.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre PASS et L.AS ?
Le PASS est une première année majoritairement consacrée à la santé, avec une option dans une autre discipline. La L.AS est une licence classique (droit, biologie, économie, etc.) qui intègre une option santé. Les deux voies mènent aux mêmes filières de santé, mais la L.AS met davantage l'accent sur la discipline de la licence, ce qui facilite la poursuite d'études si l'on n'est pas admis en santé.
Le numerus clausus existe-t-il encore ?
Non. Le numerus clausus national a été supprimé par la réforme de 2020 et remplacé par le numerus apertus, où chaque université fixe ses capacités d'accueil avec l'agence régionale de santé. Une loi de juin 2025 a mis fin au numerus apertus lui-même pour augmenter progressivement le nombre de places. La sélection en fin de première année demeure néanmoins exigeante.
Que veut dire MMOP ?
MMOP désigne les quatre filières de santé accessibles après la première année : médecine, maïeutique (le métier de sage-femme), odontologie (la chirurgie dentaire) et pharmacie. La kinésithérapie est aussi accessible via le PASS ou une L.AS, ce qui conduit parfois à l'acronyme élargi MMOPK.
Qu'est-ce qui change avec la réforme prévue pour 2027 ?
Le gouvernement a annoncé le remplacement du système PASS/L.AS par une voie d'accès unique et nationale à partir de la rentrée 2027, afin de simplifier des parcours jugés illisibles. Les étudiants entrant dans le supérieur en 2026 restent concernés par le système actuel. Les modalités précises pouvant encore évoluer, il faut se référer aux sources officielles chaque année.

Pour aller plus loin

Crédits photo : Yusuf Çelik · Pexels · source